Découvrir le quartier chinois de Saïgon (Chợ Lớn) à travers la vie locale
Lorsqu’on évoque Hồ Chi Minh-Ville, encore appelée Saïgon, le quartier chinois apparaît comme l’un des éléments clés de son identité urbaine. Connu localement sous le nom de Chợ Lớn, il désigne les zones à forte présence chinoise situées principalement dans les 5ᵉ, 6ᵉ et 11ᵉ arrondissements. Installé depuis plusieurs générations, il participe pleinement à la diversité et au caractère singulier de la ville.
Le mode de vie, l’architecture et la gastronomie y suivent des codes distincts du reste de Saïgon. Rues commerçantes, marchés et temples façonnent une atmosphère reconnaissable, rarement comparable ailleurs au Vietnam. Explorer Chợ Lớn pas à pas permet de mieux saisir ce qui en fait une composante essentielle du paysage et de la mémoire urbaine de Saïgon.
- 1. Chợ Lớn, une mémoire urbaine chinoise au cœur de Saïgon
- 2. Temples, maisons communautaires et organisation collective
- 3. Métiers, marchés et vie commerciale à Chợ Lớn
- 4. Goûts, odeurs et gastronomie identitaire
- 5. Danses du lion et du dragon, pratiques culturelles vivantes
- 6. Fêtes, meilleures periodes à visiter
1. Chợ Lớn, une mémoire urbaine chinoise au cœur de Saïgon
Chợ Lớn (quartier chinois) n’est pas seulement un quartier. C’est un monde à part, une mémoire urbaine vivante, façonnée par plus de cent cinquante ans de présence chinoise à Saïgon. Situé principalement dans les actuels 5e, 6e, 11e arrondissements, Chợ Lớn incarne une manière d’habiter la ville, de travailler, de manger et de transmettre, où l’histoire collective se lit encore dans les rues, les maisons, les temples et les gestes du quotidien.

La naissance officielle de la ville de Chợ Lớn remonte au 6 juin 1865, sous l’administration coloniale française. À l’époque, il s’agit d’une petite entité urbaine d’à peine un kilomètre carré, séparée de Saïgon par des zones marécageuses, des rizières et des canaux. Pendant plusieurs décennies, les deux villes évoluent côte à côte sans réellement se toucher. Ce n’est qu’au début du XXe siècle, avec la construction de routes et l’arrivée du tramway reliant Saïgon à Chợ Lớn, que l’espace se comble progressivement.
En 1931, les deux villes sont réunies administrativement, avant que le nom de Chợ Lớn ne désigne, à partir de 1956, l’ensemble des quartiers à forte présence chinoise.
2. Temples, maisons communautaires et organisation collective
La vie religieuse structure profondément Chợ Lớn. Les maisons communautaires chinoises, appelées en vietnamien hội quán, occupent une place centrale dans l’organisation du quartier. Elles font à la fois office de lieux de culte, d’entraide et de rassemblement, en lien étroit avec les origines régionales des différentes communautés chinoises.
Le temple de Thiên Hậu, également connu comme la maison communautaire Tuệ Thành, figure parmi les plus anciens et les plus fréquentés. Édifié par la communauté cantonaise dès le XVIIIᵉ siècle, il présente une architecture chinoise traditionnelle structurée autour de cours à ciel ouvert, favorisant la circulation de la lumière naturelle et de la fumée d’encens. Les décors se caractérisent par une grande richesse iconographique, mêlant motifs symboliques, sculptures, céramiques et inscriptions anciennes.
À proximité, la maison communautaire Nghĩa An, plus connue sous le nom de temple de Quan Công, constitue un lieu majeur pour la communauté teochew. L’ampleur du site, sa cour intérieure et ses statues monumentales traduisent l’importance accordée à Quan Vũ, figure associée à la loyauté et à la droiture. Le temple demeure aujourd’hui un espace de prière très actif, mais aussi un lieu social où l’on vient chercher protection, équilibre et repères dans un environnement urbain en constante évolution.

Le temple Ông Bổn, également appelé maison communautaire Nhị Phủ, complète cet ensemble spirituel. Dédié au protecteur des terres et des habitants, il témoigne de l’implantation ancienne des communautés fujianaises à Chợ Lớn. Son architecture, ses cloches anciennes, ses panneaux de bois gravés et ses objets rituels en font un témoin important de l’histoire du quartier, reconnu comme site patrimonial à l’échelle nationale.

3. Métiers, marchés et vie commerciale à Chợ Lớn
-
Un territoire de métiers anciens et de rues spécialisées
Chợ Lớn se définit avant tout comme un territoire de métiers et d’échanges. Chaque rue renvoie à une spécialité ancienne, du commerce des herbes médicinales à l’artisanat, à la pâtisserie ou à la fabrication de lanternes. Cette organisation par activités donne au quartier une lecture très lisible, héritée de plusieurs siècles de pratiques commerciales et communautaires.
La rue Hải Thượng Lãn Ông, souvent surnommée la « rue de la médecine traditionnelle », demeure aujourd’hui le principal centre de la pharmacopée chinoise à Hồ Chi Minh-Ville. On y trouve une forte concentration de pharmacies et de boutiques d’herbes médicinales, spécialisées dans les remèdes traditionnels, les plantes séchées et les préparations ancestrales. L’atmosphère y est immédiatement reconnaissable : enseignes en caractères chinois, effluves de plantes, va-et-vient des clients fidèles et échanges directs entre praticiens et habitants.
Autour de cet axe se déploient d’autres rues emblématiques comme Triệu Quang Phục, Phan Huy Chú ou Lương Nhữ Học, où se concentrent des échoppes d’ingrédients, d’encens et d’articles rituels liés à la vie spirituelle et domestique du quartier. Chaque année, à l’approche de la fête de la Mi-Automne, Lương Nhữ Học change de visage et devient une rue des lanternes, animée par des stands spécialisés proposant lanternes traditionnelles.
.jpg)
-
Les marchés, cœur des échanges et de la vie quotidienne
Les marchés occupent une place centrale dans l’organisation de Chợ Lớn. Ils structurent à la fois l’économie locale, le quotidien des habitants et les liens sociaux. Le marché de Bình Tây, au cœur du quartier, en est l’exemple le plus marquant. Édifié au début du XXᵉ siècle, il fonctionne surtout comme un marché de gros, avec une large offre de produits secs, d’épices, d’herbes médicinales et d’articles liés aux traditions. Son architecture, organisée autour d’une cour centrale et de galeries couvertes, témoigne clairement de l’influence chinoise adaptée au climat local.
Non loin de là, le marché d’An Đông se concentre davantage sur le textile et l’habillement. Autour de ces pôles, de nombreux marchés plus discrets, parfois informels, ponctuent les rues et les ruelles, proposant produits frais et plats à emporter, au plus près de la vie quotidienne.
👉 Vous pourriez aimer Saigon ou Ho Chi Minh-Ville, quel nom utiliser pour cette ville ?
4. Goûts, odeurs et gastronomie identitaire
Mais Chợ Lớn se vit aussi par le goût. La réputation culinaire du 5ᵉ arrondissement dépasse largement les frontières de la ville et s’étend également au 11ᵉ arrondissement, où de nombreuses adresses emblématiques perpétuent les mêmes traditions. Ici, la cuisine chinoise s’est construite au fil du temps au contact des ingrédients locaux et des habitudes vietnamiennes. Les plats se distinguent par la maîtrise du feu, l’équilibre des assaisonnements et l’art d’associer les textures. Le parfum caractéristique des woks chauffés à haute température fait pleinement partie de l’identité sensorielle de ces quartiers.
On y trouve des rouleaux de riz cantonais préparés à la minute, des galettes de ciboulette frites et croustillantes, des pains et gâteaux traditionnels, des desserts comme la soupe de sésame noir, reconnue pour ses vertus digestives, ainsi que des soupes de nouilles d’origine teochew, dont le bouillon est élaboré à partir de plantes médicinales. Les dim sum occupent une place essentielle, avec notamment les raviolis vapeur et les raviolis chinois farcis, servis à toute heure de la journée.
La rue Hà Tôn Quyền est entièrement consacrée à ces spécialités et reste une adresse très appréciée pour leur qualité et leur constance. Chaque échoppe, souvent discrète, s’inscrit dans une longue histoire familiale et respecte des gestes transmis sans rupture.
.jpg)
5. Danses du lion et du dragon, pratiques culturelles vivantes
À Chợ Lớn, la culture ne se compartimente pas. Les écoles de danse du lion et du dragon, très présentes dans le quartier. Les entraînements, les démonstrations lors des fêtes et les rituels communautaires rythment la vie locale. Ces danses ne sont pas perçues comme un simple spectacle, mais comme une expression collective de force, de protection et de cohésion sociale.
Lors des grandes célébrations, en particulier pendant la fête de la Mi-Automne, ces troupes accompagnent les défilés d’enfants portant des lanternes artisanales, fabriquées à la main en bambou, papier et verre peint, selon des techniques transmises sans interruption depuis des décennies. En savoir plus sur La Danse du Lion vietnamienne.
6. Fêtes, meilleures periodes à visiter
Les moments les plus animés pour découvrir le quartier chinois correspondent aux grandes fêtes traditionnelles, en particulier le Nouvel An lunaire (fête du Têt) et la fête de la Mi-Automne. À ces périodes, Chợ Lớn change de rythme et de visage. Les rues se remplissent d’étals de décorations, lanternes, calligraphies, fleurs et objets rituels, créant une atmosphère dense et colorée. Les processions, les danses du lion et du dragon, les offrandes dans les temples et les rassemblements familiaux rythment les journées. Certaines artères spécialisées dans les articles festifs deviennent de véritables scènes à ciel ouvert.
.jpg)
Mes derniers mots,
Plus qu’un lieu à visiter, Chợ Lớn se vit comme une expérience urbaine à part entière. Il rappelle que l’identité de Hồ Chi Minh-Ville s’est construite par strates, rencontres et transmissions, et que cette diversité continue aujourd’hui encore à faire battre le cœur de la ville. Pour celles et ceux qui ont grandi à Saïgon, le quartier chinois fait partie des souvenirs communs. Y aller enfant donnait l’impression de changer de ville, avec des odeurs, des sons et des scènes du quotidien totalement différents. C’était à la fois dépaysant et familier, une parenthèse joyeuse dans la routine urbaine.
En grandissant, Chợ Lớn ne disparaît pas de nos vies. Il devient une présence discrète mais constante, une autre facette de Saïgon. Dans une ville souvent perçue comme moderne et pressée, ce quartier invite naturellement à ralentir. On y vient pour marcher sans objectif précis, observer, retrouver des saveurs différentes, écouter les conversations mêlant plusieurs langues. C’est un contrepoint au rythme rapide de Hồ Chi Minh-Ville.
J’espère qu’il trouvera naturellement sa place sur votre liste de découvertes lors d’un passage à Saïgon.
>>> À lire également:
- Ho Chi Minh-Ville: 8 infos essentielles à savoir avant de la découvrir !
- Marché Ben Thanh : Du Marécage au Cœur Vibrant de Ho Chi Minh-Ville
- Quels musées de Ho Chi Minh Ville à visiter absolument ?
- 20 Lieux et restaurants à Saigon: du prix abordable au haut de gamme
- Les tunnels de Cu Chi, l'histoire extraordinaire d’un monde souterrain
Marché Ben Thanh : Du Marécage au Cœur Vibrant de Ho Chi Minh-Ville
Marché Dong Xuan : Le cœur battant du vieux quartier de Hanoi
Quartier chinois de Bangkok: Découverte à la perspective locale
Voyager au Vietnam : 15 conseils pour un séjour sans complications
Les meilleurs hôtels de Saigon en 2026
Delta du Mékong : Guide complet et faits intéressants à connaître
Carte Vietnam, version la plus COMPLÈTE: touristique & géographique
Conseils pour réussir son voyage au Vietnam
E-visa Vietnam : Étapes de demande et réponses à vos questions
Exemption de visa Vietnam : Tout savoir et questions fréquentes
Quand partir au Vietnam? Saison sèche ou saison des pluies ?
De l’ancienne Saigon à l’île de Phu Quoc 7 jours
Circuit Vietnam 2 semaines - Les incontournables du pays
De l’ancienne Saigon à la capitale d’Hanoi 12 jours
De la baie d’Halong à l’île de Phu Quoc 14 jours
Le meilleur du Vietnam 15 jours
Route des patrimoines du nord au sud 14 jours
Idées de circuit

De l’ancienne Saigon à l’île de Phu Quoc 7 jours

Circuit Vietnam 2 semaines - Les incontournables du pays
De l’ancienne Saigon à la capitale d’Hanoi 12 jours

De la baie d’Halong à l’île de Phu Quoc 14 jours

Le meilleur du Vietnam 15 jours










(1).jpg)